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Histoire

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La présence humaine à Metouia est très ancienne. Des matériaux préhistoriques comme des silex, pointes de flèches et couteaux datant du néolithique y ont été découvert en 1875 (G. Bellucci).

 

 

 

 

D'après Bechir REGUIGUI, Metouia fut prospère durant l'Antiquité romaine (nommée ad Palmam), et présente des indices révélateurs de l’existence d’activités remontant à l’époque romaine, voire de l’établissement d’une véritable implantation romaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les témoignages oraux, transmis de génération en génération, font état de la présence de ruines et de vestiges à proximité de l’oasis : mosaïques, colonnes, bassins, pressoirs à huile, ainsi que des fondations anciennes enfouies sous le sable ou dissimulées par la végétation.

Lors d’une découverte réalisée en 1987, des fouilles ont mis au jour des mosaïques et d’autres objets archéologiques, confirmant que Métouia fut une région prospère et dynamique pendant l’Antiquité. En effet, l’abondance en eau et la richesse agricole (palmiers, cultures céréalières, vignobles, oliveraies) faisaient de cette oasis un centre agricole vital qui pouvait parfaitement s’intégrer dans le réseau économique romain.  Les historiens affirment que la région était un lieu de passage et d’approvisionnement important, ce qui explique la densité de ces traces matérielles.

L'étymologie de Metouia n'est pas certaine. Certains évoquent une monture (chameau) appelée Matya qui serait décédé sur l'ancienne source principale de l'oasis, donnant par déformation son nom au village. Une origine invoque celle de Dhû-l-Qarnayn (Alexandre le Grand) serait venu à Métouia depuis l'Orient et aurait séparé une mer intérieure de la mer Méditerranée créant ainsi l'isthme de Gabès et transformant la mer intérieure en sebkha (lac salé). D'où le nom de Metouia, signifiant "plié" en arabe. Ce lac salé (chott Djerid) porte également le nom grec de lac Triton, où serait né la déesse Athéna. Une autre possibilité évoque une origine amazigh, signifiant là où coule la source.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'après l'œuvre de Victor Guérin, Voyage archéologique dans la régence de Tunis (1862), Métouia compte 500 habitants en 1862 ; il décrit le village de la façon suivante : « Ils cultivent des jardins très fertiles, divisés par de petits murs de séparation en terre battue et arrosés par d'innombrables rigoles. L'arbre qui y domine est le palmier. Cet ensemble de jardins et cette forêt de dattiers constituent une oasis plus importante que la précédente (Oudref) ».

En 1885, le médecin voyageur Jules DESFONTAINES y fait le rapport suivant : le premier village que nous rencontrons a nom Metouia : les femmes y ont une grande réputation de beauté. N’ayant fait que passer et ne pouvant formuler sur elles un jugement, d’après les deux ou trois types entrevus, fort beaux du reste, je laisse à d’autres le soin de contester ce dire ou de l’affirmer.

Dans l'ouvrage de Pierre BAURON (1893), il fait la description suivante : bientôt nous atteignons le seuil de Gabès et le joli village de Métoüia, dont nous avons déjà parlé. Il se compose d’environ six cents maisons en pisé et blanchies à la chaux; il y a une petite oasis, quelques puits et un minaret. La plaine environnante offre à peine quelques accidents de terrain; elle est nue et desséchée. Parmi les enfants qui jouent allègrement dans les carrefours, plusieurs me frappent par la régularité de leurs traits, l’intelligence et la franchise de leurs regards, la grâce de leurs mouvements. Ces têtes ont le profil grec ou romain; elles ne sont pas de sang arabe.

 

Dans le sud tunisien, les tribus ne sont pas isolées mais s’agrègent souvent en ligues appelées « çoffs ». Ces alliances tribales jouent un rôle social et politique durable. Deux grands çoffs dominaient historiquement la région :

  • le çoff Cheddad

  • le çoff Youssef.

Ils s’étendaient également vers le nord tunisien, l’Algérie orientale et la Tripolitaine. Leur origine est incertaine et semble remontée au XIeme siècle. Lors de la révolte d’Ali Pacha contre le bey Hussein (1729) et des troubles qui subsistèrent jusqu’en 1756, les Tunisiens se divisèrent en deux çoffs hostiles, les Bachia partisans d’Ali Pacha et les Hassinia partisans d’Hussein. Dans le sud le çoff Cheddad fit cause commune avec les Bachia, tandis que les Hassinia se recrutaient parmi les Youssef.

Metouia était dans le coff (ligue tribale du sud) Youssef, allié donc de Menzel et Chenini de Gabès, opposé au coff Cheddad (Oudref, El Hamma, Gabès). Ceci explique la rivalité historique entre Metouia et Oudref/El Hamma. Certaines tribus comme les Hamammas assuraient la protection en cas de conflit en échange de dattes et autres produits de l'oasis. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1864, les mtaouas participent activement à la révolte de Ali Ben Ghedhahem contre l'injuste impôt de la mejba puis luttèrent contre la colonisation française. Historiquement, les terres des mtaouas comprenaient El Aouinet et El Akarit, avant que ces terres furent confisquées par la colonisation française. 

Beaucoup de Mtaouas durent s'exiler dans toute la Tunisie (Tunis, Jerid, Souk Arbaa, Dahmane), mais aussi en Algérie et en Libye pour commercer et travailler puis en France, particulièrement à Lyon. 

Dès les années 1930 et 1940, de nombreux Mtaouas portefaix (dockers, ouvriers, transporteurs) travaillant à Tunis et dans les ports de la côte se sont impliqués dans le mouvement syndical naissant. Leur courage, leur sens de la justice et leur discipline en ont fait des militants respectés dans les rangs de l’UGTT et des premières organisations ouvrières.

À Tronja, quartier populaire de Tunis où vivaient de nombreux Métouiens depuis les années 1800, ils ont fondé l’une des premières cellules destouriennes, véritable foyer d’activisme politique et de mobilisation pour l’indépendance nationale. Leur engagement ne s’est pas arrêté là : Métouia fut aussi à l’origine de la première cellule du Destour dans la région de l’Aradh, autour de Gabès, contribuant à diffuser les idées nationalistes et à structurer le mouvement dans tout le Sud tunisien.

Grâce à leur union, leur discipline et leur fidélité à la cause nationale, les Mtaouas ont laissé une empreinte durable dans la mémoire politique et syndicale de la Tunisie contemporaine.

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