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L’utopie d’une mer au Sahara : Roudaire et le canal jamais creusé

  • fedypostbac
  • 19 oct.
  • 2 min de lecture
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Le rêve

Au XIXᵉ siècle, l’officier-géographe Roudaire découvre que les grandes dépressions salées du Sahara (les « chotts ») — situées au sud de Biskra, dans la province de Constantine (Algérie) — se trouvent à des altitudes bien en dessous du niveau de la mer (jusqu’à environ –40 m). Il se rendit au nord de Metouia, convaincu que ces cuvettes pourraient être inondées et reliées à la mer Méditerranée via un canal depuis le golfe de Gabès, il propose en 1874 dans la Revue des Deux Mondes d’ouvrir ce canal pour créer une mer intérieure saharienne. L’idée : modifier le climat désertique, irriguer la région et en faire un « grenier à blé ». Le célèbre ingénieur Ferdinand de Lesseps (canal de Suez) soutient le projet.



L’échec

Mais plusieurs difficultés majeures émergent :

  • Les relevés montrent que la dépression n’était pas continue : des zones plus élevées – interrompaient le bassin. Par exemple, le chott el-Jérid se trouve au-dessus du niveau de la mer (+15 m) 

  • Le coût d’un canal de l’ampleur (souvent estimé à plus de 200-240 km) est énorme, les conditions techniques difficiles.

  • Une commission spécialisée du gouvernement français se prononce défavorablement en 1882.

  • Finalement, la société privée créée pour poursuivre le projet (en 1882) échoue, et Roudaire meurt d'épuisement à 48 ans en 1885.


Bonne ou mauvaise idée ?

Les arguments POUR :

  • Le projet visait à introduire de l’eau de mer dans une dépression désertique, ce qui aurait pu augmenter l’humidité locale, modérer le climat désertique et potentiellement favoriser l’agriculture et la végétation.

  • L’idée sous-jacente était de transformer une zone aride en zone productive (« grenier à blé ») — en théorie un objectif d’aménagement positif de terrains peu exploités.

  • exporter le phosphate à l'international


Les arguments CONTRE :

  • L’introduction d’eau de mer dans des lacs salés (chotts) et des zones sahariennes pourrait provoquer des bouleversements écologiques, en détruisant des écosystèmes locaux adaptés à l’aridité. La flore de l’oasis ou les palmeraies dépendaient de conditions très spécifiques : un afflux d’eau salée et d’humidité aurait pu les endommager.

  • Certains spécialistes prévoyaient des effets négatifs : formation de marais stagnants, prolifération de moustiques ou de maladies, modification non maîtrisée des sédiments/sels.

  • L’impact sur le climat était largement spéculatif : il n’était pas prouvé que la création d’un vaste plan d’eau aurait apporté la quantité de pluie ou de fertilisation prévue — c’était de la « géo-ingénierie » avant l’heure.


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